La médina de Tétouan, patrimoine mondial, occupe aux yeux des spécialistes la première place de toutes les médinas du Maroc. Elle a conservé une âme andalouse qui fait d'elle la plus hispano-mauresque des villes marocaines. Ce style prend ici toute sa dimension, notamment dans les quartiers d'habitation où les grilles en fer forgé des fenêtres, les balcons andalous, la blancheur des murs donnent toute leur expression à ces épaisses façades immaculées.
Le Palais Royal, édifié au XVIIe siècle et restauré au début du XXe, garde cette allure avec ses plafonds de bois peint et ses dentelles de stuc.
La médina est située sur une pente douce de la montagne Dersa entourée par cinq kilomètres de remparts. Plusieurs bastions sur la face extérieure des murailles indiquent la fonction historique des imposantes fortifications. Tétouan possède d’impressionnants édifices publics de style islamique tels que de vieilles auberges (fondouks) et des mosquées anciennes avec leurs minarets qui caractérisent le profil de la ville.
On peut accéder à la médina par Bab Okla, une des plus belle porte et la plus fréquentée de la ville. En face de cette porte, on peut apercevoir une spectaculaire fontaine avec de la faïence et de la calligraphie, qui malheureusement n'est plus en service. Après avoir franchi cette porte sur la gauche, se trouve à quelques mètres le musée ethnographique SKALA. Un peu plus loin , on débouche sur le quartier Souika, une des zones les plus anciennes de la médina où vécut le général Franco durant son séjour à Tétouan. Ce quartier abrite la mosquée de Lalla fariya construite en 1170 qui est la plus ancienne de toutes.
Le Souk El Hout est une charmante petite place plantée de quelques arbres où l'on peut admirer la beauté des vêtements -plutôt tradionnels- fabriqués à la main, suspendus devant la porte des boutiques. Au centre de la place, des femmes vêtues du costume traditionnel, qui se caractérise par le "Mendil" essentiellement rayé en rouge et blanc ou parfois du bleu en plus, sont assises derrière des étalages de mendils, qui peuvent servir comme pièces de décoration. Elles vendent d'autres oeuvres typiques de la région tétouanaise. A quelques mètres de là, la rue des bijoutiers dévoile ses multiples charmes, sous forme de pièces d'artisanat.
En partant de la place Souk El Hout vers le nord-ouest à travers la rue Khaddarine, on atteint la place Ghersa El Kbira, sorte de marché aux puces. On peut y trouver de tout, du matériel de tout genre, vieux et neuf. Elle est aussi le domaine des marchands de tissus et de vêtements. Les étoffes chamarrées, unies et précieuses sont un véritable émerveillement. En passant par Al Kharrazine où se fabrique une part de l'artisanat local à base de cuir, on arrive à Bab M'Kabar dont l'arc est l'un des plus beau de Tétouan. A côté, se trouve la zaouiya El Harrak.
Depuis la Ghersa El Kbira en se dirigeant vers le nord-est et en empruntant la rue Siaghine, on arrive au sanctuaire de Ali ben Raïsoune avec sa jolie tour octogonale qui date de 1823.
Depuis Bab M'kabar, on accède au Souk El Fouki, avec au milieu, de nombreux étals proposant les traditionnelles miches rondes et plates qui dégagent une délicieuse odeur. On y trouve le sanctuaire de Sidi Ali Baraka avec sa coupole et sa jolie porte. En continuant à travers la rue M'kaddem, on passe près de la mosquée Loukache qui date du XVIIIème siècle contruite par El Kaïd Ahmed.
Le Souk El Fouki communique à travers le mechouar avec Feddane et le Palais Royal. Ce passage est actuellement condamné. Dans ce quartier, il y a la place Feddane avec le Palais Royal, le mechouar, la résidence générale espagnole, la zaouiya de Sidi Abdellah Al Fakhar etc. Par le Feddane à travers la porte Bab Rouah en traversant la rue Tarrafine, où abondent les commerces de tissus et les bijouteries, on accède à la place Souk El Hout.
En traversant les anciennes murailles par la rue Kasbah, on arrive à la mosquée Kasbah, construite par Sidi Al Mandri, qui date de 1483. En continuant le chemin à travers des arcs, on arrive à la mosquée Jamaa El Kébir qui date de 1807 avec ses trois portes, son élégant patio central et son grand minaret de 20 mètres décoré par des faïences vertes et blanches. Plus loin, on arrive à Sidi Saïdi qui date de 1609, de style purement marocain avec de belles mosaïques. A travers la porte de Bab Saida ou celle de Bab Jiaf qui se trouve plus au nord, on peut quitter la médina.
Le quartier Trankate se situe au centre-ouest de la ville, c'est un quartier commercial et très fréquenté qu'on atteint par la porte Bab Toute. Sa rue principale mène à Niyarine qui se joint à l'Aayoune. Dans ce dernier quartier, qui se finit à la porte Bab nouader et qui donne accès au Souk Fouki par la porte Haddadine, se trouve la mosquée Al Fassi qui date de 1592. Le quartier Trankate est relié à la place Feddane par la rue Kaïd Ahmed dans laquelle se trouve la maison du leader AbdelKhalek Torrès.
En pénétrant dans la rue M'tamar où on réunissait les prisonniers chrétiens, se trouve le quartier chic et aristocratique des anciens Andalous, très peu commercial, solitaire, avec de nombreux arcs. On y trouve les maisons renommées de Ben Aaboud, Erzini et de la famille Afaïlal.
Dans le quartier Jenoui se trouve la résidence de la famille Lebbadi, actuellement appelé Palais Bricha ainsi que la mosquée Erzini avec son haut minaret couvert de faïences.
Le Mellah, ancien quartier de la communauté juive, est le quartier commercial des fruits secs. Il se caractérise par de belles maisons avec leurs balcons, des rues étroites et droites qui communique avec Feddane. Il a connu sa splendeur durant le protectorat espagnol.
